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May 24 10

Je n’irai plus voir les palmes d’or

by jblecanard

Coucou c’est mon premiet post j’ai un blog trop bien, lulz, roflz. Comme j’ai passé des heures à l’installer, je vais laisser un premier post vide et inutile comme tout le monde.

Mais non, je déconne, je ne tomberai pas dans cette facilité. Déjà parce que c’est le mal, et ensuite parce que je suis trop fort pour avoir mis des heures à installer wordpress (mes chevilles vont bien), et donc j’ai le temps d’écrire un article. C’est un blog pour râler, je vais donc me plaindre. Et aujourd’hui, je vais me plaindre du festival de Cannes, et tout particulièrement des récentes palmes d’or. C’est l’occasion puisque ce cher Apichatpong Weerasethakul – diable heureusement que je ne fais pas un podcast – vient de remporter la palme avec une oeuvre qui est semble-t-il un film, nommée Mon oncle Boonmee. Je dis semble-t-il car il faut que je le voie avant. C’est comme Le ruban blanc de Michael Haneke, j’ai été le voir en croyant qu’il s’agissait d’un film, et je me suis bien fait avoir. C’est juste un animoto géant en noir et blanc et sans musique, et moins kitcsh. Je n’ai pas la prétention d’être cinéphile, mais j’aime beaucoup aller au cinéma. Pour moi, partir au milieu d’un film est un acte proche du crime de lèse-majesté, passible de mort au nom de la liberté d’expression de l’art. C’est un peu comme couper la parole à quelqu’un, ça ne se fait pas, c’est pas réglo. Et pourtant… la tentation fut forte. Mais les 10 € qu’il m’avait coûté ont eu raison de mes élans rebels.

Alors, que s’est-il passé ? Alors que par le passé le festival de Cannes récompensait des films monumentaux comme Pulp Fiction en 1994, on se retrouve en 2009 avec une… un… je n’ose être grossier mais j’ai vraiment envie. D’accord, le fait d’avoir un glaçon géant à la présidence du jury n’a pas aidé. Mais tout de même ! Voici le topo : sur fond d’avant guerre, en Allemagne, les habitants d’un village paumé (le mot est faible) vivent leur petit truc entre eux. La photographie est belle, les acteurs bons, la réalisation impeccable. Le problème, c’est qu’il ne se passe RIEN. Pendant tout le film, on attend qu’il commence, et puis on se dit que ça va arriver. Et en fait non, ça se termine alors que ça n’a jamais commencé. Et c’est diablement long, il faut s’en farcir 2h20. Pourtant, le film a été encensé par les critiques et les élites, car il n’a pas reçu que la palme d’or à en croire sa page wikipedia. Et oui car les artistes et/ou amateurs d’art y voient une grande oeuvre qui charrie un symbolisme fort, une image réussie de la société allemande de l’époque et des moeurs étriquées qui ont pu conduire à la naissance du nazisme. Et quoi qu’on en dise, c’est vrai. Tout cela est dans le film. Mais distillé, pendant un temps beaucoup trop long. Et le problème, c’est que pendant ce temps trop long, pendant cette distillation d’un propos de fond, il ne se passe rien d’autre d’intéressant. Dire que le suspens est juste inexistant est lui faire une fleur. En général, quand un bon film fait passer un message, il y a plusieurs niveaux : les personnages, puis l’histoire et le scénario, et enfin le message de fond, par exemple. Ici, seul le fond est délivré, sans le spectacle autour. Donc on s’ennuie à crever la gueule ouverte. Ou alors, il fallait prévenir de la nécessité de la consommation d’une dose conséquente de stupéfiants avant la séance.

Le problème ne se situe pas tant dans le film, mais dans le fait qu’il soit récompensé. Par la plus prestigieuse des récompenses du festival, s’il vous plaît ! Accompagné de Un prophète en guest star, qui est du même tonneau. Même problème, message et histoire de fond pas inintéressants, mais qu’est ce que c’est long ! Il semble que ce type de film soit du goût des élites comme Isabelle et ses amis. Je n’ai rien en principe contre l’élitisme artistique. Nous n’y sommes pour rien si la plèbe s’abreuve de films nazes tels que Le transporteur ou autres merdes (là j’ai le droit n’est ce pas ?). Mais voyez-vous quand on fait un tapage médiatique comme le festival de Cannes, qui coûte les sommes d’argent qu’on peut imaginer, et bien ça ne se fait pas de se taper une pignole contemplative sans intérêt. Ou alors, on pourrait avoir la décence d’éviter d’en remettre une couche avec un deuxième film cuisiné dans la même marmite.

A ce qu’il paraît, Mon oncle Boonmee est comparable à un documentaire animalier, le genre de truc qui passe sur Arte le jeudi vers 16h. Je ne l’ai pas encore vu, mais à en croire les revues de presse avec lesquelles je suis souvent d’accord, c’est encore un film de camé. Je n’hésiterai pas à vous le confirmer bientôt. Et ça m’énerve, parce que si tous les ans, on nous ressert la même soupe, qui va récompenser les bons films, les vrais ? Ceux qui en ont dans les tripes ?

Alors mesdames et messieurs futurs jurés des festivals tels que Cannes ou autres, cessez donc de crier au génie au premier cinéaste drogué venu et faites nous rêver avec des vrais films. Sinon, je boycotterai les palmes. Et si tout le monde fait comme moi, vous aurez l’air d’une belle bande de nazes.